Histoire

 Saint Dodon, patron de la Fagne


C’est le 27 juillet 644 que serait né à Floyon à l'endroit même où se dresse la ferme de la Dame, au hameau de Fontenelle St Ursmer.
Etymologiquement, le nom de Ursmer est lié à l’animal totémique celte l’ours. 
Ce n’est pas un hasard car St Ursmer est célèbre pour avoir parcouru forêts et clairières afin d’évangéliser les populations « sauvages et païennes » de la Thiérache.
On aurait fait de Floyon le lieu de naissance de St Ursmer du fait qu’il se serait retiré une dizaine d’années en ermite près d’une fontaine. Cette fontaine aurait le pouvoir de guérir les fièvres et le saint y est invoqué pour préserver les blés des mulots. 
Traversant les fagnes, il se reposait à Eppe Sauvage au lieu-dit « le bon repos » où s’élèvent une chapelle et un hêtre. Il s’y reposait, quand, revenant de Fontenelle (il se rendait à l’abbaye de Lobbes) il rencontre St Amand qui lui donne l’onction sacerdotale en 670. Il fut donc consacré prêtre.
Dans les bois près de Wallers il construit une chapelle consacrée à St Michel qui sert parfois d’ermitage.
Il entreprend alors une œuvre de missionnaire, convertissant, prêchant et fondant ci et là des monastères. Il aurait ainsi visité la Flandre, la Fagne et la Thiérache. 
Pour sa grande piété, il est nommé à la tête du monastère de Lobbes (près de Charleroi) et à la tête du Prieuré de Wallers (près de Trélon). Il devient ensuite évêque régionnaire de Thiérache.
Landelin, disciple de St Aubert, évêque de Cambrai est né au village de Vaux en Artois d’une famille puissante issue de la race des Rois Francs et élevé par St Aubert. Le disciple fût infidèle aux leçons du précepteur.
L’âge des passions arrivait, il ne sut pas y résister et tomba dans les plus grands écarts. Il devint voleur de grand chemin et remplit d’épouvante et de brigandage tout le pays soumis à la juridiction du pieux évêque.

Un jour un de ses compagnons de rapine était venu à périr d’une rencontre armée. Il vit en songe son âme torturée par les plus affreux tourments. Alors, plein de frayeur et de repentir, il courut se jeter aux pieds de St Aubert en promettant d’effacer à l’avenir toutes ses fautes à force de pénitence et d’œuvres pieuses.
Il tint parole et les austérités de sa vie le mirent en si grande réputation que le roi Dagobert léguera à St Landelin les terres de Wallers (Wasler), Baives et des environs, ainsi qu’il résulte d’un diplôme du roi Dagobert daté à Cambrai le 16 des calendes de mai 640, pour y bâtir vers 657 un monastère.

Dans la cession des biens il y avait la villa de Wallers avec les métairies, terres, bois et eaux et les territoires de Baives et environs.
L’acte de donation dit « l’eau même et son courant, ainsi qu’elle coule par le dit territoire, commençant au lieu dit Railhies (c’est un étang entre Bailièvre et Robechies, source de la rivière de Baives) et descendant à l’eau nommée Elpe. La forêt d’Etsmonde (aujourd'hui Neumont) toute entière et son territoire, dimage, justice et bien depuis le bois Baileporis (Bailièvre) jusqu’au cours d’eau qui est entre Baives et Wallers. A ces domaines, Dagobert, né en 600, ajoutait tout ce qui s’étendait au Nord du ruisseau de Wallers, c’est-à-dire la forêt de Broïlle (taille du borgne) et celle de Taigne depuis le Mesnil [Ramousies (ferme)] jusqu’au Clair Voyon (ruisseau qui traverse la fagne), puis les bois voisins de Willies depuis le mont Gomont (probablement les hauteurs de Starchon à Eppe Sauvage) et le gué de Voyaux jusqu’au village de Willies même, enfin la forêt du Duchon (hauteur du nord/est de Moustier) ».


Pour remplir les intentions royales sous Pépin II, Landelin fonda donc en 657 le monastère de Wallers (certains donnent les dates de 680-690).Il mourut en 686
Mais la gloire de St Ursmer, successeur de Landelin à la tête de Lobbes et Aulne, allait lui faire attribuer presque toutes les fondations réalisées, en fait, par Landelin quelques années plus tôt.
Un polyptyque dresse en 868 ou 869 les biens de l’abbaye de Lobbes dont la maison de Moustier (Monasteriumà) et ses dépendances.


Ce qu’il faut savoir est que le monastère de Wasler (Wallers) se trouvait à l’emplacement actuel du Prieuré de Moustier.
Le monasterium in Fania fut placé sur le territoire qu’occupait vraisemblablement une « villa » gallo-romaine, vaste exploitation agricole du nom de Wallers (Waslare).
Comme le monastère a été d’abord désigné du nom de Wallers, puis de celui de Moustier, on a cru à un déplacement causé par les invasions normandes. Mais s’il avait eu lieu, ce déplacement se serait placé entre 1030 et 1112 (date du premier acte parlant de Moustier) à une époque où invasions normandes et même hongroises avaient cessé. En réalité, Waslare est le nom d’une grande villa mérovingienne d’où sont issus par scission, Baives (centre du domaine foncier de l’abbaye) et Moustier (lieu d’implantation physique du monastère).
L’église primitive publique est St Hilaire de Wallers, elle est antérieure à la fondation du monastère. L’abbaye a ensuite créé pour les habitants de son domaine l’église de Baives. Moustier n’a eu de rôle paroissial qu’après le concordat.
A la mort de Landelin en 686, Ursmer prend en 689 la direction des abbayes de Lobbes et Aulne.
La fondation de St Landelin fut placée sous le patronage de St Pierre. 
Ursmer adopte à cette époque la règle de St Benoît pour son abbaye ainsi que pour les prieurés qui en dépendent.
Les carolingiens choisissent pour tous les monastères de l’Empire une règle unique, celle de St Benoît. Cette règle est imposée définitivement en 817 par le concile d’Aix la Chapelle.

St Ursmer s’éteint à l’abbaye de Lobbes à l’âge de 69 ans, le 18 avril 713, après avoir mené une vie pleine de ferveur et riche en miracles, désignant Ermin comme successeur (+737).
Des reliques de St Ursmer furent transportées à Binche en 1409. 
On peut voir aujourd’hui, en la collégiale de Binche, le buste reliquaire de St Ursmer datant de la 1ère moitié du XVIII ème siècle.
Sa canonisation eut lieu le 26 mars 823.

C’est de cette époque que date l’actuelle église St Ursmer de Lobbes qui est par conséquent la plus ancienne de Belgique, et qui contient toujours les sarcophages de St Ursmer et de Ermin.
On trouve également des reliques de St Ursmer dans les églises d’Eppe Sauvage et de Floyon.
Dodon serait né en 681 au Vaux, dans le canton de Lomme à 3 Kms à l’est de Chimay. Ayant été baptisé par St Ursmer, il avait tout juste l’âge de raison, il se retira à l’abbaye de Lobbes. 
En 697 fut consacrée l'église de l'abbaye de Lobbes, le 7 des calendes de septembre (le 25 août). Peu après, Ursmer érigea le monastère de Wallers (=Moustier),a il y met à sa tête Dodon.
Celui-ci renonce bientôt à sa charge pour vivre en ermite non loin de là. Pour satisfaire ses goûts pour la vie contemplative, il se retira sur une colline au nord du village où il vécut en ermite, vivant d’eau et de racines. Les habitants lui portaient leurs malades et sollicitaient leurs guérisons.
Dodon est reconnu pour guérir les rhumatismes et les maux de reins en se frottant le dos contre une pierre qui serait située au nord/est de Moustier au bois St Pierre.
On attribue donc à saint Dodon de grandes vertus pour la guérison des maux de reins.
Cette croyance sera sans doute venue de la ressemblance de désignation qui existe entre la partie du corps humain qui recouvre les reins et le nom du saint patron de Moustier. Saint Dodon « qui a le don du dos ».
[[ Une anecdote concernant la pierre sur laquelle on viendra se frotter le dos.
Nous sommes à la collégiale Abbaye de Lobbes
Les pèlerins se frottent contre la pierre pour soulager les maux de dos ……..... mais cette pierre est la pierre tombale de l’ abbé Guillaume Caulier. Un reliquaire est conservé avec le trésor de la Collégiale.
Ce monument de grande dimension, (240x136cm), est réalisé dans un calcaire fin de couleur grise qui devient noire par polissage.
Or, le bas de la dalle présente des surfaces noires et luisantes dues aux frottements répétés des pèlerins de saint Dodon. L’erreur d’attribution ne devrait cependant pas être possible car le nom du prélat figure dans l’inscription gravée sur le chanfrein de la pierre : précisément en haut à gauche. ]]
Dodon mourut vers les années 750 et c’est dans son ermitage qu’il fut enterré en grande odeur de sainteté.
On prétend qu’une chapelle dédiée à St Dodon serait l’emplacement même de sa cellule, il existerait aussi à la limite de France-Belgique la fontaine St Dodon. On trouverait une borne à 8 mètres de la fontaine d’après une carte datant de 1822, limite des communes de Salles et de Moustier le long d’un ruisseau partant d’une ancienne route d’Eppe Sauvage à Moustier et se jetant dans l’Helpe Majeure sous le nom Warinelles. Cette hauteur conserve son nom. Elle est couverte en partie des bois de St Pierre, nom du patron de l’abbaye de Lobbes.
Le prieuré fut détruit, puis rebâti par Théodoric, évêque de Cambrai, en 844, mais peu de temps après, il fut entièrement brûlé par les normands et ne se relèvera qu’un siècle plus tard.
Depuis longtemps de nombreux miracles rendaient célèbres le nom de St Dodon. Touché de ces merveilles, Dodilon, (887-903), évêque de Cambrai, fit l’élévation du corps du glorieux abbé et le transporta au monastère de Wallers en 889 (futur Moustier). 
( Dodilon devint évêque de Cambrai en 887 et mourut en l'an 904. Il eut pour successeur Etienne que remplaça Fulbert en 933 ).

Deux ans plus tard (891) le monastère fut dévasté et les restes de St Dodon, qui avaient échappé à la fureur des barbares, demeurèrent oubliés.
Une nuit, un homme, Liutbert, reçu du ciel l’ordre de faire rendre plus d’honneur aux saintes reliques. Trois fois il entendit cet avertissement sans oser le communiquer aux prêtres chargés de cette mission, lorsqu’il fut atteint d’une fièvre maligne qui le réduisit bientôt à l’extrémité.
Il raconta alors sa vision au doyen Trésuguin qui en référa à son tour à l’évêque de Cambrai, Fulbert, le second successeur de Dodilon. L’évêque ordonna au doyen de se rendre avec ses prêtres au monastère, d’élever le corps du bienheureux Dodon. (Canonisation du saint)
Trésuguin, fidèle à sa mission, le transporta en grande pompe du côté gauche de l’église, où il se trouvait auparavant, jusqu’au vis-à-vis de l’autel St Pierre. 
Cette dernière translation aurait eu lieu vers 953/ 954 alors que Fulbert (933-956), occupait le siège épiscopal de Cambrai, probablement à l’époque où Rathier de Véronne est l’abbé de Lobbes en même temps qu’évêque de Liège.
Mais c’est l’évêque de Cambrai, Fulbert, qui effectue cette translation. Car au spirituel, Moustier dépend de Cambrai.
Au temporel l’évêque de Liège se l’était annexé à titre personnel et ce sera l’évêque Eracle (959-961) qui rendra ce bien à Lobbes.
Cela explique la récolte d’argent du prieur Liutbert qui voulut ensuite relever le monastère, mais ses ressources furent bientôt épuisées. 
Pour exciter la pieuse libéralité des fidèles, il parcourut les pays voisins avec plusieurs clercs portant sur leurs épaules les augustes reliques. (Hainaut et Picardie).
Les offrandes considérables que l’on recueillit permirent à Liutbert de rebâtir le monastère de Wallers vers 950. 
Relevé donc, il fut abandonné par l’abbé Fulcin vers 968 au célèbre Rathier, religieux de Lobbes et évêque de Véronne.

On trouve une première mention de ce village en 1112 lorsque celui-ci s’appelle « Monasterium in Fania»

Pendant la fin du XI ème et le début du XII ème siècle, le monastère dépendra de Cambrai, même au temporel et des clercs y vivront. L’abbé Arnoul de Lobbes s’en était servi de monnaie d’échange pour trafiquer son élection abbatiale (1078).
L’évêque de Cambrai, Burchard rendra Moustier en Fagne à Lobbes en 1127, (il mourut en 1129) ; et, en 1137, on placera les restes de saint Dodon dans une nouvelle châsse réalisée par le Frère Jean sur les directives de l’abbé de Lobbes, Lambert (1137-1149). 
La châsse actuelle ne date que de 1856.
La réforme monastique de 1127 allait faire de Wallers (Moustier) un simple prieuré. 
Les clercs furent éloignés et remplacés par des moines avec l’autorisation de l’évêque Burchard
Le village de Moustier, avec l’église et tout ce qui en dépendait, appartenait à l’abbaye de Lobbes, à qui la possession en fut confirmée par des bulles de :
Eugène III de 1150
Adrien IV de 1156
Lucius III de 1185
Célestin IV de 1184
En des temps troubles (après le XII ème siècle), les reliques sont réunies à Trélon. 
Par leur présence, la ville est sauvée; une fois les reliques enlevées, la ville est dévastée par un incendie.
En l’an 1440 environ, les reliques sont mises dans un nouveau reliquaire.
Durant tout le XII ème siècle et le début du XIII ème siècle, les liens sont étroits entre Lobbes et Moustier dont un prévôt, Raoul, deviendra abbé de Lobbes en 1223. Ils sont étroits aussi avec l’abbaye de Liessies toute proche avec laquelle le même Raoul signera en 1225 un acte de confraternité et un autre moine de Lobbes y sera abbé en 1234.
Arnould de Harchies, seigneur de la Motte, contribue avec l’abbaye de Lobbes (dont l‘écusson daté de 1711, portant gravé les clefs de St Pierre, est encore visible) à la réfection du Prieuré.

Les habitants de Moustier jouissent, ainsi que ceux de Baives, d’ un droit de fagotage, de pâturage et de glandée dans le bois de Neumont, situé sur ces deux territoires. Ce droit leur a été concédé par une transaction passée le 3 février 1616, entre le prieur de Moustier, pour l’abbaye de Lobbes, et les mayeurs, échevins et manants de Baives et Moustier.
Le glandage : Bien sûr, il ne s’ agit pas là du privilège de se la « couler douce » mais d’ une véritable aubaine pour une population dont la vie n’est pas des plus facile à l’époque.
Ce privilège, généreusement accordé par l’abbaye de Lobbes aux vilains de Moustier en Fagne, était en fait une autorisation de ramasser des glands dans le bois de Neumont. 
Ainsi le glandage, passé dans le langage populaire et détourné de nos jour de son sens premier, n’a pas toujours été une activité ….. oisive et discutée ! 
Il est vrai qu’aujourd’hui, seuls les sangliers grassouillets des forêts alentours, grands consommateurs des fruits du chêne, jouissent encore avec gourmandise de ce droit féodal.
Ancienne organisation paroissiale :
Moustier faisait vraisemblablement partie, en 1186, de la paroisse de Baives, dans laquelle il se maintient jusqu’à la Révolution.


En 1724, il y demeurait 2 religieux en ce monastère, révocables à la volonté de l’abbé, et auxquels, par égard pour les fidèles, on avait continué d’accorder la faculté de confesser, du moins aux personnes âgées.
La vie monastique se déroule modestement avec un très petit nombre de moines jusqu’à la révolution et l’arrestation du dernier prieur Matthieu Le Blond en 1793.


Nouvelle organisation paroissiale après la révolution :

Lors de la restauration du culte, Moustier continue à faire partie de la paroisse de Baives, mais en 1808, on le réunit à Eppe Sauvage.
Cette nouvelle réunion ne subsiste toutefois que jusqu’au 30.01.1839, date de l’ordonnance royale qui érigea l’église de Baives, avec Moustier pour annexe, en succursale du décanat de Trélon.


1860 : Les reliques de St Dodon sont authentifiées par le vicaire général M . Philippe.
1861 : La chapelle St Dodon est reconstruite contre l’église de Moustier.
26 juin 1887 : Translation des reliques de St Dodon de Baives à Moustier.
Elles sont encore actuellement au monastère de Moustier.
Le prieuré de Moustier a notablement changé d’aspect depuis la dernière guerre. Une partie de ses dépendances fut incendiée par l’ ennemi le 26 août 1914 ; d’autre part, en 1925, l’effondrement d’un plafond fit entrevoir des réparations urgentes. Les murs de clôture qui rendaient impossible la vue de l’intérieur de la ferme, sur la route, furent abaissés à demi.
Seuls subsistent les antiques portails, en pierre taillée, et la vieille tour où on s’attend à voir apparaître un guetteur.


Nous connaissons les noms de plusieurs moines et prieurs de Moustier pour la dernière période de sa vie paisible avant la suppression.
Bartholomée de Boursu (1631-1704) avait été Prieur à Moustier avant de rentrer à Lobbes pour y être enterré dans l’église supérieure.
Marc Colins (1651-1720) y sera aussi Prieur. Il a laissé son nom sur le portique Nord du Prieuré, toujours visible aujourd’hui.
Le namurois Nicolas Grossau (1664-1709) mourra à Moustier en Fagne le 11 avril 1709 avec la charge de Sous-Prieur.
Un thudinien, Amboise Mengald (1666-1731) meurt aussi Prieur de Moustier et son concitoyen Grégoire Stoupij (1673- ?) suit la même carrière.
Quant à Abel Brassart (1678-1747), comme Prieur de Moustier, il fera dresser un monument (une stèle) à la mémoire de son prédécesseur Michel Hurez (1684-1741), dom Ursmer, décédé subitement, qui y avait été administrateur. Cette stèle et la pierre tombale d’Abel Brassart se voient encore dans l’église de Moustier en Fagne.
Vincent Stordiau (1699-1775) était de Solre le Château et il deviendra Prieur de Moustier en 1761 à la mort de Mathias Roberty de Marcienne au Pont (1700-1761) qui y avait été Prieur 14 ans, c'est-à-dire depuis la mort d’Abel Brassart. 
La succession est donc ici facile à suivre : Michel Hurez (>1741), Abel Brassart (1747), Mathias Roberty (1761), Vincent Stordriau (1775).
Le hutois Alex (dom Célestin) Defacque (1705-1749) meurt relativement jeune à Moustier, tandis que le Valenciennois Everard Lardenois (1709-1769) y vit plus vieux; l’un sous le supériorat de Mathias Roberty, l’autre sous celui de Vincent Stordiau. 
Quant à Ambroise Polchet (1754-1784), il mourut à temps pour ne pas voir la suppression.
François (Ermin) Bulto (1754-1790) échappera aussi tout juste aux horreurs de la Révolution.
Mais Antoine (Matthieu) Leblond (1720-1794), originaire de Fayut le Château, et qui succédera de peu à Vincent Stordiau comme Prieur de Moustier (1777), sera fait prisonnier par le commissaire du peuple le 1er novembre 1793, conduit à la prison de Maubeuge, fut transféré à l’hôpital communal le 30 décembre. Il meurt là, le 9 janvier 1794, victime de la Révolution.
Durant toute cette période, Moustier fournit un seul candidat à la vie monastique à Lobbes : Joseph Poiroux, qui prendra l’habit en 1724 mais quittera pour raison de santé avant ses vœux.


1928 Inauguration du nouveau calvaire.

Ce dimanche de la mi-septembre 1928, l’abbé Ego a réuni ses paroissiens d’Eppe Sauvage et de Moustier en Fagne. L’occasion était l’inauguration de cette grande croix destinée au calvaire du cimetière de Moustier.
Avant le départ de la procession, des paroissiens costumés se sont regroupés devant le prieuré, à l’entrée de l’église richement décorée. 

Jusqu’à son rachat par l’abbé Louis Hardy vers 1955, le Prieuré servira de ferme et de maison d’habitation louées par les princes de Mérode.
C’est donc en 1962 que la vie monastique va renaître.
L’abbé Louis Hardy, chapelin de la Fagne, en Belgique, a trouvé en la personne de Dom Bonaventure Sodar, abbé du monastère bénédictin du Bouveret en Suisse, l’homme de Dieu qui va régénérer ce lieu.
D’autre part, l’abbé Hardy, obtient les bâtiments qu’il cédera aux moines. Celui-ci meurt le 12 février 1962.
Sans oublier M Léopold Avaert de Mons, découvreur de Moustier en 1905 et pèlerin de St Dodon jusqu’ à sa mort en 1971, qui a écrit en 1951 un cantique à la gloire du Saint.


Dans un de ses petits carnets, ce dernier écrit :
« Le mercredi 26 août et le jeudi 27 août 1942, voyage chez Monsieur Hardy à Rance. L’après-midi, sous un ciel d’une pureté extraordinaire et un soleil torride, nous allons à Moustier en Fagne, par la Parapette et la Fagne. Nous entrons dans la petite église où 40 ans auparavant j’ai prié avec tant de douceur heureux de rencontrer tant de poésie mêlée aux souvenirs d’histoire monastique (….) 
Dieu est si bon de me ramener en ces lieux aimés ».
C’est le 16 avril 1962 que le Père Abbé Bonaventure envoie 2 moines de l’abbaye du Bouveret . Ils seront 2 pendant 5 années.
Dès leur arrivée, les moines du Bouveret se mirent à chanter les louanges de Dieu et à recevoir les hôtes de passage qui très vite affluèrent, ils le firent jusqu’en 1967.
Une hôtellerie fut aménagée dans les anciens bâtiments de ferme avec l’aide des pèlerins et habitants des environs.
Pour de nombreux jeunes, le Prieuré deviendra leur « moustier ».
A la mort de Dom Bonaventure, à la Pentecôte 1967, les moines durent repartir en Suisse où de nouvelles tâches les attendaient au sein de leur abbaye.
C’est alors qu’ils proposèrent aux Bénédictines Olivétaines de la Congrégation Vita et Pax de continuer l’œuvre commencée (liturgie, travail, accueil des retraitants).
Les moniales ont adopté depuis plusieurs dizaines d’années le rite byzantin.
Elles sont accueillies à Moustier le 16 mars 1968.
C’est en 1976 que la Congrégation Vita et Pax achète la « maison espagnole », ou XVI ème siècle (1560), qui reçoit le nom de " Notre Dame des Prés " et qui, restaurée, est mise à la disposition des moines, présents à nouveau depuis 1981.
Une petite communauté (Cella), rattachée à la congrégation Bénédictine Olivétaine et au prieuré de Cockfosters( Londres), depuis 1997, collabore avec les moniales à l'oeuvre d'accueil, de prière et de travail pour l'unité.



Longtemps après........

Conflit 1914.1918   Conflit 1939.1945




CONFLIT 1914. 1918


Chronique d'une catastrophe évitée de peu. 

Les soldats allemands (les Uhlans) arrivèrent à Moustier le 26 août 1914.
L'un d'eux fût tué près du carrefour central de Moustier (Bout là Haut- Grand Rue). C'est alors que les allemands rassemblèrent les villageois qui étaient encore présents et les ont attachés. Le village devait être brûlé en représailles. Mais l'intervention de plusieurs habitants avec les allemande fut déterminante. Finalement, seuls deux immeules furent incendiés (l'école et la maison face au carrefour) ainsi qu'une partie des dépendances du prieuré. C'est ainsi que fut sauvée la majeure partie des habitations et peut-être aussi les habitants. 
L'instituteur de l'époque, Henri Lançon a du être hébergé au Monastère en attendant la reconstruction de l'école.
Pendant l'occupation, de nombreuses restrictions et réquisitions étaient imposées à la population.
En 1918, sentant la défaite, les allemands réquisitionnèrent toutes les bêtes pour les conduire en Allemagne.
Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1918, le régiment du 20 ème RI reçoit enfin l'ordre de se porter tout entier en avant garde de la Division, à la lisière Est du bois de Trélon entre Eppe-Sauvage et Moustier...
Le troisième bataillon se porte sur Moustier. A onze heures trente, les soldats s'emparent des premières maisons de la rue du Bout là Haut. La progression est difficile, les mitrailleuses crépitent sans arrêt, balayant toute la zone. A 17 heures, la ténacité des soldats français du bataillon MARCHAND permet de s'emparer du carrefour central de la commune. Le lendemain, le 11 novembre à 5 heures, l'ennemi se repli et cède du terrain sur tout le front. La frontière est franchie.

CONFLIT 1939. 1945


Dès la déclaration de la guerre de la France à l' Allemagne, en septembre 1939, des régiments français occupèrent les villages frontaliers comme Moustier en Fagne jusqu'en mai 1940 à l'abri de la ligne Maginot prolongée, encore appelée "ligne Maginette". 
A Moustier, le 8 ème Chasseur d' Orléans et le 19 ème Dragon motorisé prirent position dans la commune. Les soldats logeaient dans les granges, les gradés dans les habitations. Ils allaient chercher leur repas au Prieuré mais les habitants leur distribuaient des suppléments (lait, boissons). C'était la drôle de guerre.
Quelques vestiges subsistent de nos jours; ainsi on peut voir encore dans certains greniers les restes de postes d'observation (siège rudimentaire en bois près des "potelles" de grenier).
Ces soldats restèrent jusqu'au 11 ami 1940 où ils reçurent l'ordre de se porter au devant de l'envahisseur en Belgique mais le 12 mai c'est le début de la "débandade". Le 16 mai 1940 c'est la percée allemande à CLAIRFAYTS du général ROMMEL à la tête de ses blindés. 
Les villages devinrent quasi-déserts; les habitants avaient évacué. Certains pour toute la durée de la guerre, d'autres pour quelques jours seulement faute de moyens de transport.


Au cours de l'hiver 39-40, reconstituant les grandes unités de Cavalerie en prévision de la campagne d'été, le commandement redonne la vie au 40 Chasseurs à la date du t février1940 avec appellation de 4ème Régiment d'automitrailleuses. 
Le 4ème R.A. M., que commande alors le Lieutenant-Colonel GREVY est le régiment de découverte de /a 14ème brigade légère motorisée qui appartient à la 4ème division légère de Cavalerie. Il s'instruit et se prépare au combat dans la région de TRELON (Nord). Mais l'armée allemande envahit la Belgique. Le Régiment remplit magnifiquement Sa mission de découverte enfonçant sur la Meuse qu'il atteint le 10 mai puis qu'il dépasse largement. Cependant le déferlement des corps cuirassés allemands appuyés par des escadres de "stuckas" est irrésistible. Le 4e Régiment d'automitrailleuses, combattant méthodiquement et sans interruption pendant 10 jours, couvre la retraite des grandes unités vers la Somme. 
Le 15mai il dégage deux régiments de Dragons. Le 18, il enlève le seul pont intact sur l'Escaut, déjà tenu par l'ennem4 permettant aux débris de la 4ème division légère de Cavalerie d'échapper à la capture. 
Le 14mai le Lieutenant-Colonel CREVY a dû remplacer le Commandant de la Brigade, tué. Le Chef d'escadrons CHAPEL prend le commandement du Régiment. 
Lorsque la 4ème division légère de Cavalerie est envoyée dans la région de LIMOURS pour se réorganiser il ne reste plus du valeureux 4ème Régiment d'automitrailleuses que 6 automitrailleuses, un char, et quelques motos. Mais il s'était attiré l'estime et la reconnaissance d'unités de toutes armes pour lesquelles il s'était sacrifié. Le général BOUFFET commandant le 11ème Corps, frappé à mort, devait dire avant d'expirer au Lieutenant-Colonel CREVY: je tiens à rendre hommage à l'attitude et à la bravoure de vos équipages et de vos troupes, ils ont été ma dernière consolation". 
La 4ème division légère mécanique avait vécu. 
La 7ème division légère mécanique est improvisée du 22 mai au 5juin. La 14e brigade légère mécanique de cette division englobe le 4ème RAM. reconstitué. 
Du 25mai au 25 juin, le 4ème RAM. va combattre de Champagne en Bourgogne et au Sud de la Loire. 
Pour conter Sa tragique et magnifique histoire, il suffit de s'en rapporter au jugement du général de LATTRE de TASSIGNY: 
"Comment se sont battus les cavaliers du 4ème Régiment d'automitrailleuses et tous ceux du Groupement CREVY", je l'ai vu au cours des journées de juin 1940,j'ai souffert avec eux lorsque, mêlés aux rangs des fantassins et chasseurs de ma chère 14ème division, ils ont rivalisé avec eux de la volonté de " ne pas subir " Je les ai admirés à St-MARTIN -l'HEUREUX à St-SOUPLET à ST-HILAIRE-au-TEMPLE, lorsqu'ils se sacrifièrent dans une lutte à un contre dix; ils ont tenu tête pendant quarante huit heures à deux panzer-divisionen. Ancien Dragon moi-même ils m'ont rempli de fierté, lorsque le 12juin harassés de fatigue et réduits au quart de leurs effectifs, leur demandant de "faire encore un effort en cavalier", ils se sont conduits en héros. Et j'ai pleuré avec eux, quand, débordés de toutes parts et cernés sur nos arrières, ils nous fallut abandonner ces plaines de Champagne où tant des nôtres étaient tombés". 
Dans l'affreuse tourmente, ces hommes ont, de tout coeur donné la preuve éclatante que les vertus militaires de notre race étaient restées intactes. Et c'est pourquoi, lorsqu'on lit la douloureuse épopée du 4ème Régiment d'automitrailleuses, il nous revient sans cesse à l'esprit la phrase de Pascal je crois aux témoins qui se font tuer. 
Vient l'armistice, les pertes du RAM. en 2 mois de combat d'une violence rarement égalée, avaient été de 795 dont 29 Officiers. 
Le 10 juillet 1940, le 4ème RAM. devient à nouveau le 4ème Régiment de Chasseurs, qui est lui -même dissous à la fin du même mois. 

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